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« Micka » rêve éveillé

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(Stephen Thiebault)
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« Mickaël a beaucoup de qualités, c’est un garçon très intelligent. Il est toujours à l’écoute et à la recherche d’éléments qui lui permettent de progresser. » Le compliment vient de Stéphane Drahusak, celui qui était encore il y a peu l’entraîneur de Mickaël Partodikromo chez les U16 du Mont-Dore. Après avoir foulé durant les onze dernières années les pelouses de Calédonie, le milieu de terrain de bientôt 16 ans (il les aura le 2 février), licencié à l’ASMD, va se lancer dans une aventure qui pourrait faire basculer sa vie.
Une vie, si possible, faite de football, et pas à n’importe quel niveau. « J’ai envie de devenir professionnel, n’hésite pas à clamer celui qui s’envole aujourd’hui en direction de Christchurch pour intégrer l’Asia Pacific Football Academy (APFA). Et je suis prêt à faire tous les sacrifices qu’il faudra pour y parvenir. » La détermination de ce gamin tranche avec la fausse nonchalance qu’il veut bien laisser paraître. « C’est quelqu’un de très discret, confirme Stéphane Drahusak. Il reste humble, mais il sait ce qu’il veut et travaille beaucoup pour cela. »
Études. Mais comment un jeune footballeur calédonien peut-il se retrouver dans une académie néo-zélandaise qui accueille des apprentis footballeurs du monde entier ? « Ce n’est pas moi qui voulais y aller, raconte « Micka ». Roger Mourinet (le président du Mont-Dore) avait parlé de moi à Shane Ruffer (il dirige un centre de formation à Auckland). Et puis cette personne était en contact avec Didier Chambaron (l’ancien sélectionneur des Cagous, désormais à l’OFC). Ils en ont parlé ensemble avant de me proposer d’y aller. Je n’ai pas hésité un seul instant. »
Soutenu par ses parents et sa sœur, il a ainsi décidé de faire le grand saut. « Dans la famille d’accueil à Christchurch, je serai avec un jeune mexicain, sait déjà Mickaël. Le matin nous aurons des cours (à la Lincoln University), l’après-midi, des séances d’entraînement et nous ferons des matches le week-end. » Au milieu d’une promotion 2012 de 24 joueurs, il va devoir prouver aux éducateurs qu’ils ont eu raison de miser sur lui. Car c’est bien de cela dont il s’agit. N’entre pas qui le désire à l’APFA. « Il y a d’abord eu des tests physiques, explique l’ancien capitaine de la sélection calédonienne des U15. Et puis je suis parti trois mois l’année dernière pour une mise à niveau en anglais. J’ai décroché le diplôme qui est obligatoire pour entrer dans cette université. » Sur le principe des centres de formation comme il y en a partout dans le monde, résultats scolaires et sportifs sont étroitement liés.
Chelsea. Le chemin qui pourrait le mener au monde professionnel est encore long, mais ce supporter du FC Barcelone et de l’Olympique de Marseille veut croire en sa bonne étoile. Car l’Académie Asie-Pacifique possède un partenariat avec le prestigieux club anglais de Chelsea. Avant lui, Everton avait prêté main-forte à l’APFA. Et il se pourrait que Manchester United soit l’un des prochains « associés » de l’établissement kiwi.
« L’académie envoie des vidéos des entraînements, c’est comme cela que les clubs connaissent les joueurs qui sont dans l’académie, conclut Mickaël. L’année dernière, des jeunes sont partis à Chelsea, Tottenham, un autre en Russie et un en Espagne. Alors je me dis que pourquoi pas moi un jour. »
S’il parvient à concrétiser son rêve, il aura peut-être ouvert une porte à d’autres footballeurs du Caillou.
Un milieu plutôt offensif
Si officiellement Mickaël Partodikromo (1,75 m ; 70 kg) est milieu récupérateur, il aime apporter le soutien aux joueurs à vocation offensive. « J’aime bien ce poste, confirme celui qui prend en exemple l’ancien joueur du PSG et du Barça, le Brésilien Ronaldinho. C’est fatiguant, mais on touche beaucoup de ballons. Et puis j’aime bien voir le jeu et distribuer. Mes entraîneurs m’ont expliqué qu’il faut toujours avoir un coup d’avance et plusieurs possibilités pour faire la bonne passe. » Des qualités, Michaël n’en manquent pas. La première. « Son physique, assure Stéphane Drahusak. Il est très endurant et sait se faire respecter sur un terrain. Et puis c’est quelqu’un qui sait très bien se fondre dans un collectif. » L’archétype du footballeur moderne en quelque sorte.
L’APFA, une pépinière de champions
En 2011, ils sont plusieurs à avoir pris leur envol après leur passage dans l’académie de Christchurch. Cinq stagiaires représentaient leur pays lors de la Coupe du monde des U17, huit sont partis à l’étranger dans des clubs professionnels et huit autres ont intégré un club qui évolue dans le championnat élite de Nouvelle-Zélande.
Une vie après la Nouvelle-Zélande
Michaël Partodikromo pourra rester trois ans au maximum à Christchurch. S’il ne parvient pas à convaincre un club en Europe ou ailleurs, il aura la possibilité de poursuivre son cursus universitaire aux États-Unis. Il pourra bénéficier de bourse pour aller faire un sport étude dans une université américaine.
En Afrique du Sud en 2010
« Micka » avait remporté le concours Coca-Cola International football camp organisé dans le cadre du Mondial sud-africain. Il est donc parti faire une formation au High Performance Center à l’université de Pretoria. Il en avait profité pour assister au match de Coupe du monde du groupe A entre l’Uruguay et l’Afrique du Sud.

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