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« Je vis mon rêve à fond »

Interview Journal Les Nouvelles Calédoniennes – Propos recueillis par Frédéric Ragot
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Les Nouvelles calédoniennes : Comment vivez-vous la période faste que vous traversez actuellement avec l’Estac après un début de saison compliqué pour vous ?
Georges Gope-Fenepej : C’est vrai qu’au début de la saison, je pensais vraiment avoir ma chance en Ligue 2. Je me donnais à 100%, à l’entraînement comme en match, mais après le coach faisait ses choix. Il ne me sentait peut-être pas encore prêt et préférait me voir évoluer avec la réserve. Ce n’était pas évident à vivre, je le reconnais. En décembre, j’ai commencé à sentir que le vent tournait. J’ai commencé à faire quelques apparitions sur la feuille, je suis rentré en Coupe de France (contre Cannes, en décembre, avec un but à la clé, ndlr) et cette première titularisation en Coupe de la Ligue face à Evian (le 15 janvier, victoire 2-1, remplacé à la 72e) a été une belle récompense. J’ai encore eu la chance de débuter la rencontre face à Arles-Avignon (défaite 3-0) en championnat vendredi dernier, mais je ne m’emballe pas, loin de là.
“Waddle” a depuis débuté une troisième rencontre titulaire contre Nîmes vendredi dernier… Et il aura été à la hauteur des attentes en réalisant une grosse performance

Vous espérez forcément poursuivre cette belle série face à Nîmes ?
C’est sûr que je commence à y prendre goût ! J’ai continué à tout donner ces derniers jours, je me sens bien mais encore une fois, c’est l’entraîneur qui fera ses choix. Et quelle que soit sa décision, je la respecterai. Si je dois retourner jouer avec la réserve, pas de souci, je me donnerai à 100%.

Revenons à cette première titularisation depuis votre arrivée dans l’Aube il y a bientôt deux ans. Un moment que vous attendiez avec impatience. Comment l’avez-vous vécu ?
Disons que j’ai beaucoup pensé à ma famille et à mes proches. Mais encore une fois, je sentais que ça allait venir. Pendant la trêve hivernale, nous sommes partis faire un stage à Clairefontaine, j’ai beaucoup travaillé et j’ai vu que l’entraîneur était sensible à mes efforts. Du coup, quand c’est arrivé et que j’ai vu mon nom sur la feuille comme titulaire, je ne l’ai pas vécu comme un soulagement mais comme un aboutissement. Et une chance que je devais absolument saisir.
Vous étiez nerveux avant le match ?
Non, pas vraiment. J’étais comme d’habitude : relax mais bien concentré. Pour moi, c’était un match comme les autres… même si c’était un quart de finale de la Coupe de la ligue ! Depuis que je suis arrivé en Métropole, dans ma tête, tous les matches sont des finales. Je dois donc jouer à fond, peu importe l’adversaire ou l’enjeu. Y compris en réserve.

Et quand vous êtes sorti du terrain, vous étiez satisfait de votre prestation ?
Difficile à dire. Je n’analyse jamais vraiment mes prestations. Et je suis incapable de dire si j’ai été bon ou pas. Mais à partir du moment où je me donne à fond, j’ai le sentiment d’avoir fait un bon match. Après, c’est plutôt au coach de le dire.
Et que vous a-t-il dit justement ?
Il m’a félicité et m’a juste glissé : C’est bien Georges, continue comme ça. Les autres joueurs du groupe m’ont aussi beaucoup soutenu, comme c’est d’ailleurs le cas depuis mon arrivée. Je sens qu’ils sont contents pour moi.

Vous avez également été titulaire quelques jours plus tard en championnat, face à Arles-Avignon…
J’étais content d’enchaîner deux matchs consécutifs comme titulaire, c’est sûr. Mais j’en garde un goût amer, non pas à titre personnel, mais parce que nous avons perdu. Et je n’aime pas ça.

Comment expliquez-vous en quelques semaines votre changement de statut ?
Je ne sais pas si on peut vraiment parler d’un nouveau départ. C’est vrai que quand on n’est pas retenu dans le groupe, on se dit qu’il va falloir encore en donner deux fois plus, toute la semaine à l’entraînement, pour essayer de gagner la confiance du coach. Et c’est ce que j’ai fait semaine après semaine, sans baisser les bras. Le travail a fini par payer. Mon dernier match avec la réserve, mi-janvier, contre Saint-Louis (victoire 4-1, doublé de Gope Fenepej) a été un déclic. Je pense que ça a fini de convaincre le coach.

Jean-Marc Furlan a d’ailleurs souvent loué votre implication…
C’est sûr, j’ai franchi un cap dans ma prise de balle, ma vision du jeu, mon replacement… Mais j’ai encore une très grosse marge de progression et je dois encore en faire plus. Et quand j’ai une chance, faut que je la saisisse sans me poser de questions.

Notamment devant le but car un attaquant est jugé sur son efficacité…
Et pour l’instant, je n’ai marqué qu’une fois (contre Cannes, en décembre, en Coupe de France). Et en plus, on a perdu (défaite 1-2). Je travaille beaucoup devant le but à l’entraînement, je marque régulièrement avec la réserve, ça va finir par venir avec les pros.

Avez-vous envisagé de quitter Troyes au mercato ?
Non, à aucun moment. Dans ma tête, ça a toujours été très clair. Je veux réussir à m’imposer à Troyes cette saison. Je m’étais fixé plusieurs étapes. La saison dernière, c’était pour prendre de l’expérience. Puis après, je voulais être sur la feuille pour ensuite un jour être titulaire. Pour l’instant, ça se passe comme prévu.

Votre compatriote César Lolohea peine pour l’instant à s’imposer à Laval. Avez-vous un message pour lui ?
Avec César, on s’appelle souvent. Je sais que c’est difficile pour lui car il n’a pas encore eu l’opportunité de s’exprimer avec le groupe pro et ce n’est pas évident à vivre. Je l’ai vécu en début de saison. Mais je lui ai dit de ne pas lâcher. Même avec l’équipe réserve, il doit se donner à fond. C’est ce que j’ai fait, et ça a fini par payer. Pourquoi ça ne serait pas aussi le cas pour lui ? Il doit continuer à travailler.

Vous avez conscience de faire partie du petit cercle très fermé des joueurs calédoniens qui ont eu un jour la chance de débuter un match chez les professionnels ?
Je ne réalise pas vraiment. Je suis dans mon petit délire personnel. Mais je suis déjà très fier d’en être arrivé là. Pour moi, c’est déjà un rêve de participer à des matchs comme ça. Je me rappelle encore quand je regardais des rencontres de la Coupe de la Ligue devant ma télé à Nouméa. Jamais je n’aurai imaginé qu’un jour, j’aurai la chance de jouer cette compétition. Et là, j’étais titulaire en quart de finale ! Et qui sait, j’aurai peut-être la chance de jouer en demi (face à Lyon). Je vis mon rêve, mais ce n’est pas fini.
Propos recueillis par Frédéric Ragot

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