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JEAN-GILLES HNAMUKO VIT SON REVE AU FC PORTO / Etranger

De toute évidence, il est de ces gardiens de but qui ne passe pas vraiment inaperçu dans le monde du football. Grand par la taille et le talent, Jean-Gilles HNAMUKO (en jaune sur la PHOTO, sous ses nouvelle couleurs du Fc Porto) en impose physiquement, faisant un peu figure d’exception, dans un style qu’il est rare de retrouver chez les portiers calédoniens.

Mais au-delà de ses 1 mètre 98 qui impressionnent, c’est surtout l’histoire de ce gardien originaire de Lifou – plus précisément de Hmélek (tribu de son papa) et de Mu (tribu de sa maman) – que l’on retiendra, dans une INTERVIEW exclusive signée FEDCALFOOT… Jean-Gilles HNAMUKO, c’est l’histoire d’un  calédonien passionné de football, qui croit en ses rêves et qui tentera désormais de faire ses preuves dans le club mythique du FC PORTO *, là où le jeune gardien cagou – de 21 ans – croise désormais la route des Iker CASILLAS et de toute l’armada de stars de Porto, club emblématique d’Europe double vainqueur de la Champions League UEFA (1987, 2004).

* Jean-Gilles Hnamuko a signé au Fc Porto pour un an et demi, et évolue pour l’instant en réserve du club

 

Fedcalfoot : Jean-Gilles bonjour. Pas grand monde finalement ne connaît ton histoire, toi qui est parti il y a un peu plus de trois ans – à 17 ans – tenter l’aventure en métropole. Qu’est ce qui t’a poussé à partir direction la France métropolitaine pour le football ?

Jean-Gilles Hnamuko : J’étais en pleine période de BAC de Français au Pays, et puis un jour mon oncle – qui réside en France – m’appelle de métropole pour m’apprendre que son meilleur ami cherchait un jeune gardien pour jouer dans son club à Poissy (département des Yvelines en région Île-de-France, club que Hienghène Sport a affronté en Coupe de France fin 2013). Forcément moi j’étais tout heureux d’avoir la possibilité de tenter l’aventure en France, seulement pas mes parents qui étaient inquiets que je parte pour le football. Finalement on a mis du temps – avec mon beau frère – à les convaincre de me laisser partir. Un jour ma maman m’a dit que c’était d’accord, et qu’on allait préparer le départ. Pour moi c’était déjà un rêve, le début de l’histoire. Mon oncle m’a accueilli et m’a fait rentrer dans le club de Poissy.

 

Fedcalfoot : Comment s’est passée ton arrivée au club, et comment tu as vécu tes premières expériences dans le football amateur  français ?

JG. H. : On m’a vite dit qu’il y allait avoir beaucoup de concurrence. Mais je ne me suis pas découragé pour autant, j’avais les idées claires. Je suis resté un mois là-bas. J’étais le plus jeune gardien donc je ne jouais pas beaucoup. Soit j’étais sur le banc, soit même pas dans le groupe. Je ne disais rien à ma famille pour les rassurer, mais j’avais encore plus la rage de réussir dans mon projet. Cela m’a motivé à travailler sans relâche à l’entraînement… Et puis mon oncle m’a parlé du Racing Club de France, une équipe qui évoluait en Division Honneur, où il a des contacts. Je n’ai pas trop hésité, je suis parti faire un essai et le club m’a recruté au bout d’une semaine, pour la DH. J’y suis resté deux ans, et j’y ai beaucoup appris. J’étais régulier et les entraîneurs étaient contents de moi.

 

Fedcalfoot : Après cette expérience, tu as fait le choix de quitter la région parisienne pour la Picardie, un choix finalement payant…

JG. H. : Avant cela j’avais aussi eu une piste pour l’AC Ajaccio. Un recruteur m’avait repéré sur une rencontre durant laquelle j’avais sorti deux pénaltys. J’étais super content bien sûr et fier pour ma famille, que cela avance aussi vite. Finalement le gars nous a fait miroiter des choses. On était plusieurs à être sur une liste pour des essais, on a payé 80 euros d’équipement et de frais de voyage… Et puis plus de nouvelles ensuite. Au bout d’un mois, le recruteur nous rappelle pour nous annoncer que le club de l’ACA a eu une interdiction de recrutement dans notre catégorie jeune. Là je suis vraiment tombé de haut. J’ai mis deux mois à m’en remettre, j’étais découragé, dégouté. Je pensais à ma famille et mon Pays… Et puis j’ai commencé à me relever, avec le soutien des miens, même à distance. En fin de compte cela m’a forgé le mental, et j’ai pris ensuite le choix de partir de la région parisienne – où il est difficile de percer car il y a énormément de grands joueurs – pour la Picardie et le club de Roye-Noyon en CFA, où j’ai réussi mes essais.

 

Fedcalfoot : Avec du recul, ce choix fut véritablement un tournant pour ta carrière ?

JG. H. : C’est sûr. J’ai commencé à gagner ma place de titulaire, et je me sentais encore plus fort après avoir vécu ces déceptions. J’ai fait mes matchs, et j’ai commencé à être un peu connu dans la région. Grâce à cela, j’ai fait la connaissance d’un agent de joueurs, qui est progressivement devenu mon agent. Il a fait en sorte que je puisse avoir ma chance, et je l’ai eue au Portugal.

 

Fedcalfoot : Alors le Portugal justement parlons-en… C’est forcément une grande fierté pour toi d’avoir atterri là-bas, pour là encore un nouveau challenge… L’adaptation avec le monde pro n’a pas été trop difficile ?

JG. H. : Niveau adaptation cela s’est bien passé. De toute façon j’ai tellement la rage de réussir – encore davantage – que cela aide. Aujourd’hui je suis très bien dans ma tête, car avant toute chose je fais honneur à ma famille, à mon Pays… Je suis le premier calédonien à jouer au Portugal, en professionnel. J’ai le statut pro, et je peux maintenant aider les miens. Je suis parti de tout en bas, et c’est un peu la récompense de n’avoir jamais rien lâché. Après, tout reste à faire pour moi ici, j’en ai conscience. Je ne veux pas en rester là, j’ai de grandes ambitions mais je les garde pour moi. Je veux aussi montrer à mes petits frères du Pays que l’on peut réussir quand on y croit, qu’il faut se donner les moyens car tout est possible. Après j’ai beau être pro, pour l’instant je n’ai encore rien prouvé et je vais tout faire pour aller le plus haut possible.

 

Fedcalfoot : Tu es maintenant en réserve au FC PORTO, un énorme club européen et dans le monde… On peut dire que tu as clairement changé de monde.

JG. H. : Donc oui je joue au sein de la réserve du FC Porto, qui évolue en Ligue 2 portugaise. Nous sommes trois gardiens, et je suis encore une fois le plus jeune. J’ai la chance de m’entraîner toutes les semaines auprès de grands joueurs professionnels. C’est certain que c’est un autre monde. Chaque jour nous voyons des grandes stars comme Iker Casillas, ou encore Yacine Brahimi. On n’est pas avec eux pour les séances, ils sont à part, mais je me dis tout le temps qu’un jour je serai avec eux sur le terrain. Casillas a été longtemps mon idole, depuis tout jeune je rêve d’être comme lui, et aujourd’hui je le vois pas très loin de moi. J’avoue, c’est étrange comme situation. Parfois on se dit qu’il faudra gagner sa place face à lui, alors que c’est une immense star du football. Certains joueurs qui s’entraînent avec moi vont parfois avec la grande équipe. Enfin il faudra que je m’impose en réserve pour toucher un jour cette grande équipe de Porto. Je veux réussir, en tout cas je ferai tout pour.

 

Fedcalfoot : Depuis que tu es arrivé au club, tu sens que c’est possible de passer un cap, pour ensuite atteindre tes objectifs ?

JG. H. : Cela va faire plus d’un mois maintenant que je suis au FC Porto avec la réserve, et je vois que tout est possible. Après comme je disais, tout reste à faire pour moi… Mais je me dis toujours que je vais y arriver, pour ma famille, pour moi forcément aussi, et également pour mon Pays. J’ai aussi en tête de jouer avec la Sélection A de Calédonie. J’ai déjà goûté à la Sélection U17 calédonienne, et jouer pour mon Pays est un de mes objectifs bien évidemment. C’est tellement une fierté de pouvoir porter ses couleurs. J’espère bientôt être de l’aventure avec la Sélection. Je suis en contact avec le Sélectionneur Thierry Sardo, on échange pas mal. Voilà, le bon moment se présentera je le sais. En attendant je travaille dur pour réussir.

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